Historique

Au début de l’année 1927, Charles Kocher, directeur de musique, réunit à Lausanne quelques confrères. Ceux-ci déplorent le manque absolu de liens entre les directeurs de fanfares et d’harmonies. Ils forment donc le projet de constituer un groupement, sous une forme à déterminer, en vue de réunir tous les chefs de musique de fanfares et d’harmonies de suisse-romande, que ces chefs soient amateurs ou professionnels.

C’est ainsi qu’au début avril 1927, il est décidé de constituer une association, semblable à celle des maîtres de gymnastique, alors très florissante. Dans ce but, une commission provisoire est constituée des directeurs suivants :

Kocher Charles, Lausanne
Giroud Auguste, Lausanne
Ruchet Edmond, Lausanne, instr. trompette de la 1ère division de l’Armée
Miéville Albert, Colombier, instr. trompette de la 2ème division de l’Armée
Thiry Albert, Yverdon
Droz Léon, La Chaux-de-Fonds
Schaller Henri, Delémont
Dupont Alfred, Genève
Barbezat Armand, Neuchâtel
Jaquillard Paul, Neuchâtel
Huguenin Charles, Le Locle

Une première circulaire est envoyée le 19 avril 1927 à tous les chefs de musique connus de suisse-romande, en vue de convoquer une assemblée constitutive pour le dimanche 1er mai 1927 à 14h00 à l’Hôtel de l’Ecusson Vaudois à Yverdon.

Outre les onze membres de la commission provisoire, une septantaine de directeurs répondent à l’appel. Un Comité est élu et se compose comme suit :

Kocher Charles, Lausanne, président
Jaquillard Paul, Neuchâtel, vice-président
Thiry Albert, Yverdon, secrétaire
Miéville Albert, Colombier, caissier
Barbezat Armand, Neuchâtel, assesseur
Perret Walther, La Chaux-de-Fonds, assesseur
Schaller Henri, Delémont, assesseur
Kiek Georges, Broc, assesseur
Dupont Alfred, Genève, assesseur

Un projet de statuts, élaboré par Albert Thiry, est présenté à l’assemblée à titre informatif. Une cotisation annuelle de Fr. 5.- est décidée pour alimenter la première caisse. Par ailleurs, l’assemblée déplore l’absence de directeurs valaisans. A ce sujet, Armand Barbezat, qui vient d’être élu au Comité, se déclare prêt à céder sa place à un futur collègue valaisan. Enfin, si le nouveau groupement s’intitule officiellement «Association Romande des Directeurs de Musique» instrumentales (ARDM), un nom plus convivial est immédiatement adopté par l’assemblée. En effet, la nouvelle société est baptisée «L’Amicale».

C’est à l’assemblée fort bien fréquentée du 5 février 1928, tenue à 14h30 au Casino de Montbenon à Lausanne, que les statuts sont adoptés. Conformément à sa promesse, Armand Barbezat cède sa place au Comité à un valaisan nouvellement venu, à savoir Désiré Nicolay, directeur de l’Harmonie de Martigny. Par ailleurs, sur proposition d’Emile Micolod de Genève, il est encore décidé de prévoir un repas en commun lors des futures assemblées.

Lors de l’assemblée du 5 février 1929 à Neuchâtel, le titre du futur journal de l’association est adopté, il s’appellera «La Baguette». Dès cette date, les assemblées seront en principe couplées avec une conférence-débat sur un sujet en relation avec la direction des fanfares et harmonies

Dès 1930, l’ARDM atteint sa vitesse de croisière. Les réunions annuelles comportent dorénavant une assemblée statutaire, une conférence et un repas. Jusqu’en 1960, les réunions auront lieu un dimanche situé entre les mois de février et d’avril, puis, depuis 1960, année charnière qui comptera deux assemblées, c’est le troisième dimanche d’octobre qui voit les directeurs suisses-romands se réunir. 

Toutefois, depuis l’an 2000, les réunions sont fixées au troisième samedi d’octobre (assemblée statutaire en début d’après-midi, suivie d’une ou plusieurs conférences, puis repas commun en début de soirée).

Durant toutes ces années, deux faits particuliers méritent encore d’être relatés.

Tout d’abord, signalons qu’à l’assemblée du 25 mars 1945 à Neuchâtel, les membres de l’ARDM apprennent incidemment le projet de création d’une association suisse-alémanique des directeurs. Aucune invitation n’étant parvenue à l’ARDM, les membres tergiversent sur l’attitude à adopter. Finalement, l’assemblée délègue son Comité à Olten, afin d’apporter le salut des suisses-romands et pour sonder les intentions de la nouvelle association suisse-alémanique. Il faudra toutefois attendre l’an 2000 pour qu’une manifestation commune soit organisée (cf. Congrès des directeurs suisses à Fribourg).

Enfin, pour terminer ce petit rappel historique, notons que c’est à l’assemblée du 21 octobre 1972 à Savièse qu’il a été décidé, à l’unanimité, l’affiliation de l’ARDM à l’«Association Fédérale de Musique» (AFM), appelée à l’époque «Société Fédérale de Musique» (SFM), ceci avec exonération des cotisations.

Ainsi, tout en étant indépendante, l’ARDM est une section de l’AFM, elle-même membre de la «Confédération Internationale des Sociétés Musicales» (CISM).

En cas d’intérêt pour d’autres détails historiques concernant l’ARDM, il vous est loisible de prendre contact avec notre association pour obtenir toutes autres informations, voire pour l’obtention du fascicule «Cinquantenaire 1927-1977»